•  

     

    Pinned Image

     

     

     

     

    1942, Liz Gibbons and Bijou Barrington, by Louise Dahl-Wolfe for Harper's Bazaar

     

     

     

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    Pinned Image

     

     

     

     

    Pinned Image

     

     

     

     

     

    Pinned Image

     

     

     

     

     

    Pinned Image

     

     

     

     

     

    Pinned Image

     

     

     

     

     

    Pinned Image

     

     

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    Pour apprécier les vidéos - cliquer  sur le logo de RADIONOMY  le fond musical sera supprimé

      

    Mademoiselle "SWING"...

      

     

    Suite à plusieurs demandes d'amies à propos de la mode 40's, j'ai pensé faire ce petit guide. Si le style vous intéresse voici quelques trucs qui, j'espère, vous amuseront.

     

    Comment décrire la parfaite Swing Girl?

     

    Si vous écoutez les vieilles chansons Swing "made in France" ( rien à voir avec la musique nord-américaine croyez-moi! ), les textes sont très amusants, si une fille est intéressante et dégourdie on dit d'elle qu'elle est "Swing".

     

    Il n'y a jamais eu de réelle explication sur ce qu'est être "Swing", on comprend juste que c'est "cool". Voici quelques paroles : "elle est Swing, Swing, Swing, je la trouvai divine!". Ou bien encore, "Elle est Swing et je l'aime!" Vous allez rire mais lorsqu'on écoute ses chansons on a qu'une envie : être Swing!

     

    Que peut-on qualifier de Swing? Pour ma part je veux vous parler du "total look fortise" (comme on dit à Paris), mais aussi de l'adaptation de vêtements d'aujourd'hui avec lesquels on peut jouer. Il n'est pas évident de sortir tous les jours habillée comme Rita Hayworth ou Ingrid Bergman dans Casablanca! Juste pour les cheveux je vous dis pas!

     

    Bim Bam Baby XOX

     

    « Les ressources d’une femme de goût sont infinies », clame Mode du jour dans son numéro du 9 octobre 1941. En ces temps de privations, faute de moyens, ces dames ont des idées. Dans Paris occupé, elles déploient des trésors d’inventivité pour garder le cap d’une élégance exemplaire, bien que bricolée. Les grandes maisons de couture s’adaptent au manque de matériaux, les magazines rivalisent de trucs et d’astuces. On détourne, transforme, recycle. Tailleurs en tissu d’ameublement, chapeaux en papier journal, sacs Lanvin parés d’une bandoulière de bretelles, chaussures en raphia ou pulls en poil de chien ! 400 trésors piochés dans les archives du musée Galliera rendent ici un hommage foisonnant à la débrouille, mais aussi à l’esprit de résistance des élégantes : une cocarde planquée dans une doublure, des tracts ou des armes légères dissimulés dans des sacs à double fond, un drapeau tricolore arboré sur une broche. LPARISes Parisiennes ? Du chic... et du chien !

     

     

    En France, durant la seconde guerre mondiale et surtout l’occupation, les couvre-chefs rivalisent de fantaisie. Ce phénomène ne connaît aucun écho à l’étranger. Paris se trouve alors coupé du reste du monde. Non seulement les clientes anglo-saxonnes ne peuvent plus assister aux collections, mais les périodiques français sont sévèrement restreints par les allemands.

    PARIS

    Et quand bien même elles auraient eu connaissance des extravagances des modistes françaises, je doute que les américaines et les britanniques les auraient suivies. Ces dernières, mobilisées par l’effort de guerre, mettent en veilleuse leur coquetterie. Gaspiller son énergie à des frais de toilettes, alors qu’Albion est assiégée, est jugé peu patriotique. Les chapeaux sont soumis à une taxe de 33%, comme des articles de luxe. Le clergé anglican autorise désormais ses ouailles à assister à l’office tête nue.

     

    A rebours, la France ayant rendu les armes, les Parisiennes se font un devoir de rester à la hauteur de leur réputation d’élégance. Le Reich cherche par tous les moyens à saper l’influence de Paris, pour faire de Berlin la nouvelle capitale de la mode. Arborer ces galurins invraisemblables devient un moyen de résister, sinon à l’occupant, du moins à la morosité résultant de l’occupation.


    PARIS

    En 1939, les chapeaux de ville sont souvent des déclinaisons autour du feutre d’homme. Pour les occasions habillées, la tendance est aux mini toques enrubannés, bibis emplumés, et autres couvre-chefs de poupées. Ces ornements de tête, plus que chapeaux dignes de ce nom, se portent très inclinés sur le front (généralement du côté droit). La déclaration de guerre y ajoute des coiffures d’inspiration martiale. Les parisiennes affichent des shakos, des chéchias, des Glengarries[1]ou des bonnets à poils de soldats d’opérette.

     

    Les Allemands entrent dans Paris le 14 juin 1940. Le 22 juin, l’armistice est signé à Rethondes. Ses clauses comportent l’occupation de la moitié nord du pays, qui réduit la capitale au rang de simple préfecture. Le Reich exige en outre 400 millions de francs par jour et l’entretien des troupes allemandes. Les réquisitions massives viennent s’ajouter aux problèmes de production et d’approvisionnement. Les produits de première nécessité se font rare. Les stocks de laine et de coton s’épuisent. Seule la viscose reste disponible, et encore, sévèrement rationnée. On tente de la mélanger à des ersatz (cheveux, poils de lapin voire de chien…).

    PARIS

    A coté de feutres plutôt sages, l’hiver 1940 voit le début de l’épidémie de turban. Bien que quelques cas isolés aient été observés dans les années 30, ce dernier se répand durant les années de privation, pour des raisons de commodités. D’une part, il ne risque pas de s’envoler à vélo. Et puis, les coupures d’électricité rendent les mises en plis difficiles. Quant au shampoing, il est non seulement rationné, mais de piètre qualité. Le turban sert souvent de cache misère aux tignasses mal entretenues. Pour l’ouvrière des pays belligérants, encercler ses cheveux d’un foulard plié en deux, cela permet d’éviter de les salir et les maintient en place[2]. Mais le turban de haute mode est une forme endémique typiquement française. Les modistes inventent de fins drapés et de savants bouillonnés, auxquels une bande de sparterie ou un fort galon donne de l’ampleur.

     

    Les femmes sont confrontées à l’impossibilité de renouveler leur garde robe. Par un mécanisme de compensation, les chapeaux deviennent la seule note habillée, le seul espace de liberté. Pour oublier leurs semelles de bois et leurs vêtements élimés, les belles arborent des folies en tête. L’été 1941 voit des oiseaux empaillés faire leur nid dans les coiffures, et de petites corbeilles de fruits tenir lieu de couvre-chefs.

    PARIS

    Un chapeau peut se faire dans une chute de tissu de récupération, voire les matériaux les plus improbables. Mme Agnès propose des modèles en copeaux de bois et en coton hydrophile, Rose Valois expérimente le papier buvard, d’Albouy le papier journal chiffonné. J’en ai eu un, portant la griffe d’une obscure modiste de Boulogne, fait en pellicule de film usagée, provenant probablement des studios de Billancourt.

     

    En 1942, le comité d’organisation de la haute couture réglemente le métrage de tissu autorisé par chapeau. Malgré tout, de saison en saison, ces derniers se redressent comme pour défier l’occupant. Les allemands reprochent cette insolente débauche de fournitures à Lucien Lelong[3]. Celui-ci nie toute responsabilité à la haute couture, ces abus étant le fait de modistes qui « réutilisent des tissus sortis des gardes robes particulière pour en draper des formes aussi inesthétiques que volumineuses ». Les admonestations restent vaines. Les galurins ne cessent de croître jusqu’à la libération, atteignant alors la taille de roues de charrettes.

    PARIS

     

    Erwan de Fligué (Falbalas)

    [1]Le Glengarry est Calot des troupes écossaises. La présence des alliés britanniques lança aussi la mode du tartan et celle du bleu royal air force.

     

    [2]Le turban de Rosie the riveter est devenu une véritable icône américaine.

     

    [3]Alors président de la chambre syndicale de la couture

     

     

     

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    HISTOIRE de la PETITE ROBE NOIRE .... de COCO CHANEL

      

      

    Comment de ne pas croiser une petite robe noire dans la rue ? Quelle star ne l’a pas portée lors d’une soirée habillée ? Plus qu’une apparence, qu’une figure physique ou un vêtement, la petite robe noire lancée par Coco Chanel en 1926 apparait comme une mode sans âge. Coup de style génial, est-elle aussi un marqueur culturel ?

     

     

      

      

    Comment de ne pas croiser une petite robe noire dans la rue comme dans une soirée ? Plus qu’une apparence, qu’une figure physique ou un vêtement, la petite robe noire popularisée par Coco Chanel apparait comme une mode sans âge. Coup de style génial, est-elle aussi un marqueur culturel ? Peut- elle être considérée comme un symbole, celui d’une promesse d’humanité meilleure pour les femmes ? Il peut paraitre incongru d’attribuer ainsi tant de signification à un simple vêtement. Mais, considérant l’importance d’être vêtu, il n’est pas excessif d’affirmer que cette petite robe noire a permis aux femmes d’affirmer leur féminité tout en se revendiquant comme individu à part entière. C’est la petite robe de la liberté.

     

    1937 - Coco Chanel in Venise

     

     

    Depuis son lancement, en 1926, il y a plus de quatre vingt ans, par un article publié dans la revue Vogue, cette petite robe est toujours à la page. Adoptée par les femmes de toutes les époques, son enracinement dynamique a démultiplié son effet de mode de générations en générations. Elle fait désormais partie des classiques de l’habillement, comme le tee-shirt et le jean, version chic.

    Circa 1940 - Coco Chanel

     

    Bien née, cette robe, bien que prude à sa création, manches longue et raz-du-coup, a créé un petit scandale lors de sa présentation, par sa légèreté, et surtout pour sa couleur noire. A l’époque, détourner le noir des veuves, des bonnes sœurs et des femmes de chambres n’était pas innocent, émanciper la mode féminine non plus. Ce noir n’avait pas peur de ses connotations subversives, celles de la rébellion et de l’anarchie. Mais la sévérité du noir aurait-t-il détourné l’attention de la légèreté de sa coupe, qui, pour la première fois, mettait en valeur les formes du corps ?

     

     

     

    « Il n’y a d’autre beauté que la liberté du corps » disait Chanel. Si cette robe revendique la féminité, c’est d’abord par le corps. Un corps qui se libère et se profile dans une robe courte, légère et confortable. La petite robe noire permet de courir et de danser. Elle épouse des tempéraments qui s’émancipent de toutes les normes. La petite robe noire peut être l’expression de deux codes opposés tout en étant complémentaire : L’affirmation de la féminité d’une part et le combat pour l’égalité hommes femmes d’autre part. Sa finesse révèle l’éternel féminin, distillant et exacerbant sa féminité, et sa sobriété plait aussi à la garçonne androgyne, cheveux courts, la cigarette à la bouche, et conduisant sa voiture.

    Coco Chanel, 1937

      

      

    Ce vêtement permet d’exprimer les deux faces d’une même personne, un peu comme les nuances d’un jour et le cycle d’une vie. Accessible à toutes par l’échelle de ses prix, elle a accompagné la révélation du nouveau sujet social des années 30, de la femme des années folles, libérée des corsets de leurs mères. De la bourgeoise à la télégraphiste, de la princesse à l’étudiante, de la femme fatale à la jeune fille, cette robe simple se révèle universelle et s’adapte à tous les caractères

     

     

    HISTOIRE de la PETITE ROBE NOIRE .... de COCO CHANEL

      

      

    L’audace d’un classique

     

    Sa simplicité évocatrice est pleinement féminine. Par nature, ambivalente, simple tout en étant chic, noir tout en étant joyeux, elle peut être à la fois le signe de la distinction, d’une festivité ou de la douleur, être de convenance, sensuelle ou érotique. Plus besoin de toilettes sophistiquées, chaque femme peut être instantanément à la mode, et même porter la même robe l’après-midi et le soir. Des années avant le tailleur pantalon, la petite robe noire s’affirme comme la complice de la femme active. Attachée à l’élégance et au raffinement, mais qui n’a plus le temps de consacrer ses journées aux essayages, et veut être à l’aise dans sa vie.

     

    Vintage CHANEL Perfume No. 5, Gardenia, Bois Des Iles, Cuir De Russie	 Circa unknown

     

    Elle s’impose aussi comme un « basique » comparable au jean, au sweat, à la veste d’homme ou la chemise blanche, et permet toutes les audaces et tous les caprices. En mettant naturellement en valeur les accessoires, broches, bijoux, foulards, gans et chaussures, elle met en avant tous les signes personnels, originaux ou drôles, précieux ou gadget. Ecrin de tous bijoux la petite robe noire peut ainsi révéler des concentrés de soi, en mettant en valeur des bras, des seins, un cou, un visage, un regard, une coiffure. Elle se porte sur mesure, avec ou sans manches, plus ou moins habillée, plus ou moins décolletée, plus ou moins allongée.

    Chanel

      

      

    Elle est un exercice de style personnel. Contrairement aux apparences, elle est loin d’être uniforme. Elle se décliner en soie, mousseline ou satin, et ses coupes et ses versions sont aussi variées que celles des chemises blanches, et elle sait aussi quitter le noir pour prendre toutes les couleurs de l’arc en ciel, mais, là, nous nous éloignons de notre sujet…

     

    Il y a cinquante ans, une femme habillée d’une petite robe noire pouvait se situer d’emblée au-dessus des codes vestimentaires imposés. Elle était un outil d’évasion face aux interdits désuets qui voulaient encore l’enfermer dans une condition maternelle soumise et la maintenir dans des positions sociales désignées.

    La petite robe noire fut comparée par les Américain à une « Ford » cette automobile populaire révolutionnaire. Sa force est aussi de conjuguer l’effet de masse pour chacun, qui rassure, tout en laissant à tous le chacun pour soi qui singularise.

    Coco Chanel, Misia Sert And Mme Philippe Berthelot On The Beach, Lido Venice, 1925.

    Coco Chanel, Misia Sert And Mme Philippe Berthelot On The Beach, Lido Venice, 1925.

     

    Sûres d’elles et de leur poids dans la vie de la société, les femmes ont fait souffler un vent nouveau sur le 20ème siècle. : En réclamant l’égalité dans le couple, le travail et la société, et leur espace de liberté pour les mœurs, elles ont aussi imposé leurs signes de reconnaissance. Comme la musique, la mode a été un étendard pour les nouvelles générations. En avance sur la mini jupe, la petite robe noire a surfé sur cette vague.

     

    Coco

     

    Elle témoigne d’une époque ou la femme aspirait aussi à l’égalité sans en disposer. En contestant à l’homme le monopole du noir et le confort du vêtement, elle lui reprenait aussi l’exclusivité des cheveux courts et du short.

      

      

      

    Depuis 1918, la femme votait en Allemagne. Il faudra attendre 1944 pour que les françaises deviennent pleinement citoyennes. Et c’est au cours des années 50 et 60 que la petite robe noire de Chanel, adoptée par Jackie Kennedy, Audrey Hepburn ou Juliette Gréco, devait s’imposer comme le classique qu’elle est demeurée depuis. Au point de devenir aujourd’hui très sage, loin de l’esprit rebelle de sa création.

     

      

      

    La rencontre d’une mode et d’un phénomène de société

     

    Madeleine Vionnet, la pionnière de la libération vestimentaire des femmes, proposait déjà des robes noires dans les années 1910, tout comme Chanel portait déjà le pantalon en 1920, bien avant que Yves Saint Laurent ne le popularise pour les feMais Gabrielle Chanel a été une des premières à faire de son nom une marque. Elle portait elle-même la petiterobe, popularisée notamment par Marlène Dietrich et Edith Piaf. En développant ainsi l’histoire de la marque - son niveau narratif – elle s’est rapprochée de la légende américaine de Levi’s

     

     

    Avec son parfum n°5, sa petite robe noire toujours au-dessous du genou, ses tweeds, et ses cheveux courts, Coco Chanel a créé son univers. Chanel est devenu une marque-pouvoir avec des valeurs identifiables, et a passé un véritable contrat avec les femmes. Par ses créations comme par son personnage, Coco Chanel a réussi à cristalliser l’esprit d’une époque .Ses créations ont donné consistance et réalité à la femme moderne et contemporaine.

      

      

    Et ce sont bien ces femmes de la génération 1920, ces grandes pionnières, qui ont été les premières à voter et à travailler massivement, qui nous ont fait entrer dans le monde moderne. Cette jeunesse de 36 et du baby boom, a installé la petite robe noire dans la penderie familiale. Aujourd’hui sans cesse revisitée, portée par Inès de la Fressange ou Sophia Coppola, elle est aussi un vêtement des plus tendances pour la jeune génération, les stars et les jeunes créateurs.

     

     

     

     

     

     

    Le produit d’une industrie naissante

     

    La mode est un phénomène économique. Elle ne se limite pas à un marqueur culturel. En quelques décennies, ce secteur s’est métamorphosé. Dans la deuxième partie du 20 ème siècle, la mode plutôt considérée comme une activité relevant de l’artisanat de luxe ,est devenue une véritable industrie.

    Gabrielle Chanel, 1939

    1939

      

    La petite robe noire annonçait aussi l’arrivée du prêt à porter. Ce prêt à porter allait connaitre une expansion considérable dans les années 60 et 70, avec la conjonction de phénomènes démographiques (l’arrivée à l’adolescence de la génération du baby boom), économiques (la croissance du niveau de vie dans les « Trente Glorieuses » et politiques (l’ouverture des frontières après l’entrée de la France dans le Marché commun en 1958),

      

    Gabrielle 'Coco' Chanel - 1938 - @~ Mlle

      

    La société a changé, s’est urbanisé- en 1968, 60 % de la population vit déjà en ville – le travail des femmes s’est généralisé. Dans ces nouveaux modes de vie, le vêtement joue un rôle quotidien. L’élévation du niveau de vie, la multiplication de l’offre et la grande distribution ont développés la société de consommation mais aussi le sens critique. Sensibles aux facteurs qualitatifs, les femmes ont développé leur sensibilité aux qualités esthétiques, et au discours des marques.

      

    Coco Chanel

      

    Chic et pas chère, reprise par Gucci Prada mais aussi Zara et tous les stylistes, la petite robe noire de Chanel fait partie intégrante de l’horizon de la mode. Après avoir contribué à l’histoire de la libération de la femme, la petite robe noire habillera toujours les histoires individuelles, avec élégance.

     

    Eric Donfu

     

    sources :

    http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-

    petite-robe-noire-de-la-liberte-42847

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    On avait eu le consensuel « Le diable s’habille en Prada » qui nous faisait pénétrer dans l’univers de la fameuse Anna Wintour, plus récemment Karl Lagerfeld se dévoile à travers un film présenté à Cannes… Le grand public s’intéresserait-il à la mode et à ses dessous ? Cela semble être le cas et le cinéma l’a bien compris. C’est pourquoi il y a actuellement pas moins de deux films en préparation sur le même sujet : Coco Chanel.

     

     

    Coco Chanel

      

      

    Deux films et deux visions différentes, William Friedkin s’attachera à l’histoire d’amour de la créatrice avec le compositeur Igor Stravinsky. On sait déjà que ce sera Anna Mouglalis, récemment récompensée par un césar pour son rôle dans Lady Chatterley, qui interpréta Coco Chanel. Le deuxième film sera dirigé par Danièle Thompson, coécrit avec son fils.

    Leur but est de retracer fidèlement le parcours complet de Mlle Coco… À l’heure d’aujourd’hui, nous n’en savons pas plus. Alors pourquoi cette engouement soudain pour la petite dame qui révolutionna la mode féminine ? La question devrait plutôt être pourquoi ont-ils attendu si longtemps ? Car lorsqu’on se penche sur la vie de Gabrielle Bonheur Chanel, on plonge dans un véritable roman…

    La petite Gabrielle Bonheur Chanel, qui sera plus tard connue sous le nom de Coco Chanel ou de Mademoiselle n’a pas eu une enfance facile. Dès l’âge de 12 ans, elle se retrouve orpheline et est placée, avec sa sœur, dans une institution dirigée par une communauté religieuse.

    C’est là qu’elle s’imprégnera à vie de la rigueur ambiante (rigueur qu’on retrouvera dans chacune de ses futures créations) et qu’elle prendra en aversion les choses liées au luxe. Elle grandit en chemisier blanc et jupe stricte, dans un univers où les jours n’ont pas de fin et où elle compte les heures. Elle prend conscience que si elle veut s’en sortir, elle ne devra ne compter que sur elle-même.

     

     

    Coco Chanel

      

      

    Une fois sortie de l’orphelinat, fascinée par Mistinguett, star du moment, elle s’essaie à la chanson. Elle chante dans des music-halls, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Cette expérience lui vaudra juste son surnom, Coco, tiré de l’une des chansons qu’elle interprète : « Qui qu’a vu Coco dans l'trocadéro ».

    C’est un homme qui va lui offrir un autre destin que celui des cabarets. Étienne Balsan, ancien officier, vient de décider de se consacrer aux chevaux de courses, et c’est à ce moment qu’il tombe sous le charme de Gabrielle Chanel. Il l’enlève et va lui faire vivre la vie de château.

    Durant un an, Gabrielle apprend les rouages de la haute société, mais la jeune fille n’a pas 18 ans et s’ennuie ferme dans ce monde d’adultes guindés. Elle prend la fuite. Durant cette année passée auprès de son officier, Mlle Chanel s’était mise à confectionner des chapeaux et autres accessoires. Mais son amant considérait cela comme un passe-temps sans importance.

    L’homme qu’elle rencontre, une fois sa liberté reprise, Arthur Capel, ne le prendra pas de la même manière et lui offre sa première boutique. Chanel Modes, 21 rue Cambon, est né, et sera à jamais le quartier général de Chanel. Mais elle n’en profitera pas tout de suite, car la guerre éclate et le couple est obligé de se réfugier à Deauville.

     

     

    Coco Chanel

      

      

    C’est là que Coco fait ses premiers pas en tant que modiste en confectionnant des tenues pour les belles Parisiennes exilées, elles aussi en Normandie. Mais guerre veut aussi dire restrictions, on a du mal à trouver les tissus adéquats aux toilettes raffinées prisées par la haute société. Coco Chanel n’en a que faire. Elle coupera ses robes dans le jersey…

    Elle confectionne des vêtements qui n’ont plus rien à voir avec les corsets en vogue à l’époque. Elle veut que la femme se sente libre de ses mouvements. C’est donc à Deauville, que Chanel lance les « prototypes » de la nouvelle ligne qu’elle imposera plus tard. Coco Chanel devient un modèle, les femmes abandonnent gaines et corsets et doivent donc changer de silhouette et devenir aussi mince que Coco, afin de pouvoir porter élégamment ses toilettes.

    Mlle Chanel a décidé de célébrer la liberté et l’indépendance féminine, faisant fi des critères de beauté de l’époque, elle n’hésite pas à se couper les cheveux à la garçonne ! Elle devient « la première femme aux cheveux courts ». En trois années, Chanel est à la tête d’une véritable entreprise, elle emploie plus de 300 couturières.

    Le succès est là et ben là, ce qui lui permet de rembourser totalement Arthur Capel. Car la jeune femme s’est promis de ne jamais dépendre de quelqu'un et refuse toute attache financière. La seule chose qui manque à Coco Chanel, c’est le carnet d’adresses. C’est en se liant d’amitié avec Misia Sert, muse de Bonnard et de Vuillard, qu’elle y remédie.

     

     

    Coco Chanel

    Cette femme avait senti que Mlle Chanel était un être à part qui méritait qu’on s’y intéresse, elle lui ouvre donc les portes de la mondanité. 1920-1939, presque 20 ans où Chanel assoit son empire. Le décès d’Arthur Capel la laisse seule et brisée. Elle noiera sa peine dans le travail, elle prend ses quartiers au Ritz et devient un véritable bourreau de travail.

    Elle lance le parfum N°5, crée le costume de sport pour dame, met au goût du jour les faux bijoux (en collaboration avec François Hugo). Son mot d’ordre : la praticité. C’est ainsi qu’elle à l’idée du sac en bandoulière qui laisse les mains libres et des sandales à semelles de liège qui permettent de marcher sur la plage sans se brûler les pieds.

    Les femmes trouvent dans les créations de Chanel un look différent de ce que les couturiers du moment proposent, elles y trouvent la liberté. Coco Chanel a beau habiller les plus grandes, elle préfère la société des artistes à celle des paillettes. Cocteau, Picasso, Darius Milhaud, Serge Lifar, Diaghilev et Stravinsky font parti de son cercle d’amis.

    Elle y redécouvre l’amour en la personne du poète Pierre Reverdy, ce dernier lui fait découvrir le plaisir de la lecture. Mais la guerre la rattrape et elle part en Suisse. C’est de son exil helvétique qu’elle voit, impuissante, la mode changer et le « new-look » investir la garde-robe des femmes. Elle voit réapparaître tout ce contre quoi elle s’était battue ces vingt dernières années.

     

     

    Coco Chanel

    Tailles étriquées, jupes entravées… La créatrice mettra du temps avant de se remettre de ce coup du sort et de cet aléa de la mode. C’est à 70 ans que Coco Chanel décide de revenir à Paris et de réintégrer la rue Cambon. Sa première collection est un échec, ceux qui l’adulaient sont ceux qui désormais la critiquent. Seule Hélène Lazareff du magazine Elle, la défend.

    Peu à peu, grâce aux acheteurs américains qui la plébiscitent et à une certaine presse féminine qui lui rend hommage, Coco Chanel retrouve l’approbation des femmes. C’est l’époque Jacky Kennedy, les vêtements sont simples, mais élégants. Rançon du succès ? Chanel est copiée à tout va. Plus qu’une mode, elle a créé un nouveau style, une nouvelle façon de concevoir la féminité.

    Mais Chanel est encore une fois confrontée à l’Histoire. Après les deux guerres mondiales, c’est mai 68 qui modifiera son destin. Car pour la femme qui affirmait que les modes n’étaient bonnes que lorsqu’elles descendaient dans la rue, mais non quand elles en venaient, le choc est rude. La femme se fige, la créatrice devient plus dure que jamais, et s’enferme dans son monde glacé fait d’essayages, de défilés, de mannequins et de courtisanes.

    Maigre et acariâtre, Coco Chanel est seule. Grand écart entre sa gloire professionnelle et ses blessures intimes jamais cicatrisées. Femme de fer, qui n’a jamais montré son désespoir et qui jusqu’au 10 janvier 1971, travaillait, travaillait et travaillait encore…

    Le 10 janvier, un dimanche, clin d’œil du destin pour cette femme qui ne supportait pas ce jour dédié à la famille et au repos. Deux choses qu’elle détestait… Espérons que les cinéastes seront saisir toute la complexité de cette femme hors du commun…

     

     

     

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    Coco Chanel

     

    chanel1Chanel, c'est une légende qui perdure, grâce à un passé riche d'inspirations et à un présent visionnaire, entre branchitude et classicisme.

    Cette magie Chanel est due aux talents de Coco Chanel, jeune modiste en avance sur son époque, et de Karl Lagerfeld, dandy éclectique qui créent ainsi une alchimie inédite et propice à rendre éternelle une maison de couture. Et pourtant, rien n'aurait pu avoir lieu sans l'intervention d'une famille, celle des Wertheimer, qui depuis 1924 joue les éminences grises huilant les rouages Chanel.

    En 1910, Coco chanel s'installe rue Cambon et commence à se faire un nom auprès des élégantes Parisiennes. en 1913, elle ouvre une boutique à Deauville, ce qui achève de la propulser dans les bonnes grâces des mondaines. Ses tailleurs en tweed très sport, ses coupes simples et parfaites permettant à la femme de vivre loin des corsets lui offrent rapidement la célébrité et tous ses avantages...

    Mais ce qui va mettre Mademoiselle Coco à l'abri des affres des modes qui se démodent et des fluctuations économiques, ce n'est pas une de ses créations, mais une rencontre. Lors d'une course de chevaux en 1923, Gabrielle Chanel rencontre les frères Wertheimer, Pierre et Paul, de famille de fotune et, tous les deux, des hommes d'affaires réputés pour leur flair infaillible. C'est ainsi qu'ils investissent dans des sociétés prometteuses comme celle de Chanel, qui vient de lancer une nouveauté visionnaire - Chanel Nº5 - et ils n'hésitent pas à lui proposer leur concours.

     

    chanel2

      

      

    Coco Chanel y voit une opportunité de diffusion inespérée, et le 4 avril 1924, leur union commerciale donne naissance aux Parfums Chanel. Les Parfums Chanel sont un céritable succès et la maison de couture de Gabrielle Chanel affiche une santé rayonnante. Toutes les femmes désirent s'habiller en Chanel. En 1926, Coco aurait pu être sacrée reine de l'année, tant ses apports à la mode sont conséquents, symboliques et emblématiques.

    La petite robe noire voit ainsi le jour, déclinant une élégance empreinte de chic et de sobriété. Pour ses collections, Chanel s'inspire de ses voyages, des hommes qui peuplent sa vie et de cette liberté qu'elle revendique. Elle crée des vêtements pour une femme émancipée et emprunte au vestiaire masculin un bon nombre d'éléments, tel que le tweed, les gases d'uniformes, les pantalons ou les larges boutons...

    En 1926, Chanel trouve son style, t dote sa maison des codes qui l'animent encore aujourd'hui. En 1930, Coco Chanel habille les stars les plus en vues, telles que Greta Garbo et Marlène Dietrich.

    Coco se trouve alors au sommet de sa gloire, à presque 50 ans. Dans les années 30, elle est à la tête d'un véritable empire, qui vend 30 000 pièces par an, possède une bonne partie de la rue Cambon et emploie plus de 4000 personnes. Cependant, les aléas de l'histoire vont contrecarrer cette gloire sans partage.

    En 1939, la II Guerre mondiale éclate. Mademoiselle Chanel ferme sa maison et se fait discrète dans ses appartements, puis finit en 1944 par s'envoler vers la Suisse. Cette période offre une viion un peu plus sombre de Gabrielle Chanel, qui apparaît peu encline aux bons sentiments et au patriotisme.

    Depuis que les Parfums Chanel ont vu le jour en 1924, leur succès n'a fait qu'augmenter. Cependant vu la répartition des parts de la société, Coco Chanel ne récupère que les miettes de ce fracassant succès commercial, et nourrit un profond ressentiment envers les frères Wertheimer, qui avaient su être visionnaires et qui en récoltaient désormais les fruits. Mais coco ne tolère pas que cet arget lui file entre les doigts.

     

     

    chanel3

     

      

    C'est pourquoi, lorsqu'elle va avoir l'occasion de récupérer ce qu'elle estime être son bien, elle mettra tout en œuvre pour arriver à ses fins, et ce de façon loyale ou déloyale. Les Wertheimer sont juifs, et se sont exilés en Amérique lors du conflit mondial et de la traque antisémite. La loi, sous l'occupation, exige alors que leurs biens soient administrés par un allemand. Gabrielle Chanel, avec l'aide de son amant Hans Gunther Von Dincklage (officier allemand des renseignements), tentera alors de racheter la société. Cependant, Mademoiselle Chanel ne parviendra pas à ses fins, les Wertheimer ayant conservé des amis sur place, qui ont su protéger leurs intérêts.

    Contre toutes attentes, lorsque Mlle Chanel revient en 1954, les conflits entre elle et ses associés se sont apaisés. Ce sont même les Wertheimer qui permettront à Chanel de ne pas sombrer. En effet le temps à passé, la mode est à Dior et au New Look et le premier défilé de Chanel déçoit. Les Wertheimer rachètent alors l'ensemble de la maison, injectant des capitaux et permettant à Coco Chanel de préparer une seconde collection.

    Coco Chanel retrouve alors grâce auprès de la population grâce au soutien infaillible de Hélène Lazareff (rédactrice en chef du magazine Elle) et de l'admiration que lui vouent les Américaines. Coco est à la création, tandis que Jacques - un fils Wertheimer - dirige la maison d'une main de fer et s'allie à Jacques Helleu, qui fera de la communication l'une des forces de Chanel. À la mort de Coco Chanel (en 1971), la maison habille les grandes de ce monde, mais a perdu son impudence novatrice et révolutionnaire.

     

     

    Alain Wertheimer décide néanmoins de faire perdurer l'aventure Chanel. Comme ses prédécesseurs, il préfère l'ombre à la lumière et désire plus que tout faire fructifier solidement la maison Chanel en tant que telle, sans dépendre des actionnaires. C'est ainsi qu'il ne fait pas entrer la société en bourse et reste seul décisionnaire de la marche à suivre. "Vivons cachés" semble être le mantra de ce génie des affaires qui a réussi en une vingtaine d'années à doter le Chanel moribond des années 70 de plus de 80 boutiques en nom propre.